sous le sol la mer est basse. la mer est basse, c’est comme ça
à part ça tout semble normal, et même pire : tout semble définitivement normal
seul le chaos manifeste encore quelque velléité de briser la glace, mais glace se brise t-elle ?
et bris s’enlace t-il ?
crevure, va
tu nages vers la mer.
on ne peut à proprement parler de contre-courant, à partir de là tu nages
dans le sens de la mer.
je dis la mer puisqu’une mer ne suffit pas, une mer ne suffit à rien, tandis que la mer me foule aux pieds
pieds sur lesquels se dresse, patiemment endolori, l’équivalent ontologique d’un peigne édenté
seulement quand tu tournais la tête seulement
quand détournais le nombril
– sur quel pied tanguer, quel principe endémique ? il en va de nos vies comme
du saut à l’élastique. tu pleures dans tes mains
finalement ça, tu pleures entre tes larmes, le reste se décline
à la rubrique psychologique d’un quelconque magazine féminin
masculin
féminin
elle se masturbe dans les coins, non, elle se
masturbe sur ou contre les coins – de table, de tout ce qui fait mine, ou angle
j’ai tellement peur d’un engin de fortune. après je me rattrape, avec
je me rattrape avec ce que je peux, ce qui me passe par la main, l’esprit, se mire dans l’as de pic
– t’as pas la tête à ça, me répond-elle acerbe
change de visage. d’odeur. change de visage tant que tu y es
remets bout à bout les décombres, jusqu’à constituer une chaîne de remords permanent
de déboire sentimental
que les crucifiés se touchent du doigt, de la planche, bref se côtoient et communient dans la douleur
un piment pour tout zizi
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