pense au cure-dent

  l’horreur qu’inspire à la conscience la disparition de cette même conscience. ce n’est pas propre
  tu parles comme tu veux tu parles dans ta bouche tu remues la langue et ce n’est pas propre
  le propre reste derrière, ou en-deçà, venté parmi les camélias
  ta bouse remonte aux origines

  en quel dieu ferons-nous donc l’amour ?
  mais surtout, que ferons-nous après l’amour, ou que ferons-nous sur le cadavre de dieu ?
  après l’amour, après la pluie
  après avoir joui entre ses mains de suie ?
  il est rassurant de se savoir humain, humain consistant à se savoir
  mais de quoi parle t-on après l’amour, et parle t-on encore ?

  l’homme à travers un homme, personne ne l’a gagné
  ou la voix qui remonte
  chien sur la croix, croix en pleine bourrasque, l’être grince au-dedans
  ça nous aura servi de taudis. entre ça et le ciel si vieux

  à chaque fois qu’un mort debout, une tombe en plein air
  à chaque fois qu’un homme en sueur, un animal vient le lécher, le laver – parfois même une femme
  la part lécheuse, la part laveuse d’une humanité inguérissable, d’une humanité larvée
  sociale kamikaze

  on s’embrasse dans le vide, dommage, on a raté les lèvres
  on a raté les lèvres, soit, on a tremblé les lignes, on a
  frôlé l’mirage
  il y a quelque part un instinct drôle, un instinct mortsatile, une faim se nourrissant de l’homme
  le l’homme comme un silence en bout de souffle

  plus tu meurs et plus tu meurs, à la fin meurs quand même, mais quand même
  et puis il y a la litière aussi, du rat, de l’idéal
  on s’assied dessus. on s’assied sur le rat. on le montre à ces messieurs
  messieurs, zis is my rat. mesdames, désolé pour le désagrément
  partir de là la débandade

 

pense au cure-dent

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