un homme dont le silence l’allume

  la nuit perdure la chatte. on se réfère à l’odeur. au nombre de pas dans le sens mort
  je me chercher un passé comme on se cherche un alibi – pauvre débile
  ma chatte s’en cherche un autre, je me pique le doigt pour une unique goutte de sang
  il pleure tout l’temps. on a beau lui gueuler d’sus, il pleure tout l’temps

  la moitié du jour revient vers moi, me demande pardon. s’allume un homme
  plus exactement l’idée d’un homme. pas encore une femme, mais tout de même
  à quatre sous j’achète un jouet. à quelques sous de plus une bouteille
  pourtant je n’aspire pas à jouir…

  un ciel plus grand. cordial à sa façon
  les détails finissent par disparaître. puis peu à peu se perd de vue l’ensemble
  on maquille le vide, dans le genre de ceux qui rajoutent une moustache à la joconde
  puis on lui lave les fesses
  je me rappelle plus à qui précisément – soit le vide soit la joconde

  carnet d’oublis
  n’avoir pour se réchauffer qu’un mort contre lequel se serrer. se dire qu’on est ce mort, pour simplifier
  non, finalement ne rien se dire
  n’avoir rien à se dire
  en toute humilité, fermer la parenthèse

  il y a un jeu auquel on ne joue pas
  une marelle dont la pierre reste fermement dans la main, et ne la quitte pas
  un sexe ne pouvant se résoudre à l’orgasme, retenu dans ses cordes
  un vide supposant un récipient imagine, une fois seulement imagine, un vide hors récipient
  un vide certes, mais pas de récipient

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