dieu c’est pas la porte à côté, à côté de quoi, à côté du trou, à rat
mais quand même, quand même et malgré tout, on a beau dire et cependant, je me suis encastré
dans une lumière irréelle, quasiment permanente
j’embrasse les pieds des morts, même si c’est pas les miens, de morts
quant à mes pieds je sais pas vraiment quoi en faire – j’ai pas les ailes de les faire s’envoler, pas les patins de les faire glisser
pas davantage ne fais le toboggan qui sans pencher
nous sommes éternels évidemment, et évidemment nous ne le supportons pas
pas plus que nous ne supportons d’être mortels, puisque éternels par ailleurs, pris dans l’apparente et insoluble contradiction
bref, de quelque côté que l’on se tourne ou même à rester figés sur nos crampes, nous voilà dans de beaux suaires…
ta chatte elle a quinze ans, ta chatte elle a trente ans, quarante ans, ta chatte elle en a soixante, ta chatte
pareil pour la mienne, on me l’a faite à l’envers
je suis un homme par l’esprit – par quoi d’autre pourrais-je l’être ?
et ça creuse une montagne – pire : un ciel ostensiblement vide
je pense à mon radeau. rien n’est superflu, pas même un radeau
quand on mange quelque part on lisse forcément tomber des miettes, sur ses genoux, par terre, sur la table ou son pull
j’aurais tellement voulu que tu m’écoutes pleurer, mais sans que je le sache, et d’ailleurs sans que je pleure, pleurer restant à jamais défendu

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