mettre le monde en veille

  les hommes sont morts, mais pas tous. ou pas tous en même temps
  il arrive que l’on parte. il arrive que l’on arrive aussi sans doute, sans savoir vraiment où
  ainsi font les petites oubliettes…

  la nuit venue j’écrase pas nue. je me mets à l’écart
  et l’écart entre deux, mort d’œuf, repère d’ovipares
  je crois que ce que j’aime en dieu ma cuisse ce n’est pas dieu, mais la soutenabilité d’un au-delà

  ventre-chemise, et tu m’en diras tant
  le chien te suit de loin, et de moins en moins loin. je te dis gare au chien
  gare au chien non pas tant qu’il aboie, mais quand il se met
  à te parler dans ta langue, ta propre langue, ta langue purulente
  ta bénie langue de pute

  tu ne me rattraperas pas. nul ne me rattrape désormais
  j’ai pas la verge de cette chanson-là, je m’omni-bulle
  et si tu veux on se caresse le ventre, la naine blanche le trou noir, et d’ailleurs
  je suis mort entretemps, comme on meurt entretemps, à l’intention de
  va savoir quoi, va savoir qui

  chien méchant n’engrange pas lune. il hurle à la foule du vent
  on va crever comme ça, tous à genoux et les mains sur la nuque, sagement sur la nuque
  à force de lécher le miroir peut-être y fera t-on naître un visage…

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