concentre-toi sur la pluie, et ne dis rien
ton moulin ton moulin va
si lentement…
arpente sous la pluie, et ne dis
toujours rien
je m’embrasse le genou, or je m’embrasse le coude
que je me torde que je m’endorme, je n’arrive pas à m’embrasser le sexe
mon sexe n’est pas pour ces lèvres-là
d’abord ce n’est pas le mien, mais moi le sien
ensuite je m’embrasse le genou, voire le coude
dans une tentative désespérée de ressembler à quelque chose
ou à quelqu’un
la nuit commence avec moi, la nuit commence dès moi
la nuit commence et nul ne la retient, sur la grève d’une mer hostile
le verre tremble entre mes mains
tu penses à ce que tu dis, alors que tu ne dis rien
ça monte ça descend, ça redescend plus loin
sous la feuille de papier, l’abîme est représenté par un tas de cailloux
là il se passe quelque chose, là je vis quelque chose
un marron glacé, peut-être
la mort sur ordonnance
il pleut mais ça c’est parce qu’il pleut, un jour sur deux

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