comme une odeur de femme

  elle ne rencontre rien – que les gens d’en haut, les gens d’en bas
  leurs noms fleurissent de pauvres tombes
  elle s’en va à cloche-pied, elle fait le tour du monde, à cloche-pied

  sur sa joue traînent des traces, de sable ou de pas dans le sable
  l’ennui s’ennuie de moi, quelquefois, et donc je défriche une feuille vierge
  sur sa joue coléoptère, pigeon, la route débandade…

  elle ne naît pas n’importe où, n’importe quand, à n’importe quel moment
  elle naît dans la douleur, elle naît d’un enfant dur
  elle naît de la douleur, si dure

  ferme la porte derrière moi, ferme la porte aux anges
  le temps se désagrège, le chemin fait bien cinquante mètres
  attache-moi les poignets, attache-moi les chevilles – que le reste prenne son envol, s’il lui reste des ailes

  j’ai le cœur propre, pour ça dis j’ai le cœur propre
  elle s’accroche aux signaux, les signaux clignent des yeux
  elle s’accroche à la vie, la vie change de trottoir

 

comme une odeur de femme


Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *