pays de brumes et de mulots, campagne environnante, mes cheveux teints en bleu
absorber le vide de dieu tout en consultant
le menu d’la cantine. j’ai peur d’un monstre par hasard, d’un lézard
poussant en moi, poussant
jusqu’à m’expulser tout entier
femelle du moribond, la moribonde, la veuve aux trois tampons
je m’achemine mais lentement, de plus en plus lentement, vers l’extrêmement lent
je me rappelle quelqu’un. d’autre part je me souviens d’un gant, d’une fille vomissant sur son
élégant tablier
. la mort nettoie tout ça
on s’assoit quelque part, on sort son p’tit pique-nique, déplie
son mouchoir à carreaux
devant s’écoulant gris, le fleuve à reculons
ai-je été jamais si seul – si seul que j’en oublie d’exister, oublie de m’appeler, me rappeler et pourtant,
tant que nul ne me répond je sais que je suis là, les bras croisés les bras ballants
la calotte à l’envers
plus ment la vérité, plus sincère l’ignorance. j’appuie sur le bouton
j’appuie sur le bouton, il ne se passe rien. quand je m’éteins non plus il ne se passe rien – on dirait bien
que j’ai raté quelque chose
mais peut-être pas après tout, peut-être n’ai-je fondamentalement
rien raté
à ceci près
. et là quoi ?