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assis là sur un banc


  • lacrymogène

      mort à son comble, c’est quoi – il faut y aller. ça m’fait tellement suer que j’en crève la nuit, que j’en chie tout un rat. supporte une lieue, deux lieues, tu vois bien que je suis à personne

      il n’y a plus cette terre. seule la mer, morte inédite, tanguante indivisible, répare l’irréparable. et je t’entends dire toi le taudis, ouais mais moi j’ai des piles – ouais mec moi il me reste, des foutues piles

      j’adore une jambe. je me frotte tout contre, le long. lui trépane un anus. depuis que je sois né o ma vie je sois né, et je saigne de l’arcade. sourcilière ça ne développe rien, mais je saigne de l’œil

      tu représentes rien. ni demain ni d’hier, tu représentes rien. tu te forges un destin à la force du poignet ou la traction arrière, tu t’efforces de rien. t’arrives là gueule ouverte, langue pendante et tu t’amuses à quoi, hein, tu t’amuses à joujou

    lacrymogène
    21 octobre 2018

  • , déteste la musique

      vous êtes un lieu publique. je n’sais plus si c’est elle ou moi qui l’aborda comme ça, comme on aborde en passant la question subsidiaire
      des violences policières

      tout ce jour est un jour fou: il n’a jamais, mais jamais existé. la mémoire ne supplée pas, grosse partouze des morts. alors je fais semblant, certes semblant de rien

      l’inaction touche à l’horizon. pudique, l’horizon se rétracte. se dilate. se rétracte ou se dilate, l’inaction touche au but. ou au non-but. gerd müller marque un but

      je me tais oui mais or, je me tais en accent. parce que ma bouche pue la merde. parce que ma bouche torche un chiot. parce que la mort croise au large et racle les parois
      du maudit intestin

      toute ma vie j’ai pris deux claques. or que quoique je n’y opposais qu’une joue. j’usais de contrefact. et plus je te baise, plus tu fais semblant que j’aime ça

      je lui coupe les cheveux courts, elle parade cheveux courts. je lui pousse les cheveux longs – m’aimera t’elle pour autant? la pulsion mouronnante, j’ai soif à présent d’intelligence bleue
      et de sollicitude

    19 octobre 2018

  • l’heure dite aux moineaux

      la pomme s’accumule. je suis sensible au fait même si le fait ne représente rien, ou justement le représente
      une fois pour soi, nulle et avenue

      sensiblement la même odeur. il ne reste qu’à mettre des bas blancs pour l’hiver, se barbeler le sexe avec
      ou sans la langue, comme on l’entend

      écraser le sommet jusqu’à moi, vélo-dodo. mélancolique partenaire, arrose ses plantes mortes, ses plates bandes. éjacule tout sec
      dans un trou de serrure

      s’accouple avec une pomme. le mieux eut été de retaper la bâtisse, mettre le doigt dans l’engrenage. le sale, foutu doigt
      dans l’engrenage

      il met les mains partout, il met jusqu’à ce qu’il n’en ait plus. je disjoncte, tu disjonctes – quand l’un ressort de l’autre c’est plus mort que vif, le gland gluant
      et l’âme en déshérence

      rien d’urgent. tapiner dans l’néant et pis voilà. le noir s’en va, le noir se lève – le noir se vide et pis voilà
      qui m’éclaire par derrière?

      tu mets le pouce dedans. en chien errant, en pneu crevé – on n’en aura jamais la certitude
      c’est juste une pomme

    l'heure dite aux moineaux
    18 octobre 2018

  • gardienne des gouttières

      j’ai plongé mon tombeau
      dans ton corps. j’y ai creusé mon trou, décortiqué la blatte
      ce n’est pas moi qui coule c’est juste le niveau qui remonte et donc j’ai du
      couper la peur en deux
      comme on se retranche au fond d’une valise hors costume
      hors caleçon

      pas joui deux secondes de plus
      pas parti pas revenu, pas même demeuré là, résident surveillé
      l’appel de l’en-deçà, la romance exogène
      je tape sur l’un v’là l’aut’ qui r’sort
      et j’en ai marre, coquelicot rétamé, louvoyant dans ce
      paysage sordide

      i comme encore
      encore tu voles
      bas, tu voles même pas, tout en rase-motte
      ça s’apprend pas la fuite, quoique éperdue
      s’oublier regarde ailleurs, la tête bien engoncée
      dans l’cul, les doigts qui maigrement
      agitent le mouchoir, se tirent
      les lignes du destin, au sécateur

      t’accouches d’une tombe
      tu la regardes comme ton premier coït, encore tout gluant
      de son originel vagissement
      tu pleures tes coudes, tu pleures tes g’noux, t’as plus rien au milieu
      t’accouches d’une tombe et tu sais bien
      que ça ne résout rien
      ni ne remet confiance dans les rapports

      je ne me sens pas debout
      ni couché
      en ce monde à la pathétique horizontalité je me sens suspendu, crémaillère sans logis
      je te suce l’ongle, fossile de moelle et tu resquilles, tout s’embrouille et ce n’est déjà plus la mémoire, immergée
      mais l’immense patinoire
      ou sans se ni rendre de compte glissent indolores les pensives. on appelle ça des pensives

    16 octobre 2018

  • la cuisse en rade

      et par quoi on commence
      et par quoi on finit quand
      on sait même pas où
      c’ qu’on en est
      et qu’on sait plus y aller
      et qu’on y va pourtant
      et qu’on y va bon train
      qu’on y va droit nulle part

      alors on n’y va plus
      on n’ y va plus y aller
      on reste coi, chez soi si c’était à défaire
      avec nos morts
      mais nos morts, même morts
      ne savent plus nous
      rejoindre. ils nous ont tous perdus

      debout face à la glace
      je dessine mon portrait
      si le portrait s’anime
      je respire un peu mieux
      à bout portant et d’un seul trait
      si mon portrait me re-
      connait un peu, un tant soit peu

      et tant qu’elle vrille en l’air, la pièce, y a ni
      pile ni face qui vaillent
      ni mort ni vivant, ni chaise assise ni homme debout
      y a de la place que pour
      le vertige. et un peu la nausée
      un peu la nausée quand même

      il gobe l’air avec la mouche
      s’essuie la bouche quand la bouche part
      à vau l’eau
      il pond un vide, il pond un creux, et porte un sac
      en toile de jute
      pour le cas où
      pour le cas que

    la cuisse en rade
    14 octobre 2018

  • petite salamandre, dis-moi quel jeu

      la mort comme tremplin, la corde comme sautée, je me réfugie sous un abri-bus. c’est glauque un abri-bus, et quasi glauque on claque des dents, on chie d’la vulve

      je ne me souviens plus très bien. il suffisait je crois de vivre à cran, à bout de nerfs. montrer que l’on ressemble à sa photo. avoir le pied marin dans un pauv’ bac à sable

      dieu le mort-vivant, la petite caisse, le cercueil d’enfant (on ne les fait plus qu’en blanc laqué). j’aimerais récupérer dans ma bouche tout ce qui traîne dans ta bouche, et tout ce qu’elle sécrète, le stocker pour l’hiver

      clairemutante, resplendis sur le tas tandis que je, io égo me noie dans le fond d’un verre vide – si vide et remontrance, c’est le temps des marrons et tombent les marrons. octobre-les-marrons

      trop bizarre de penser la mort comme une déchéance de l’existence alors qu’elle était de toute évidence là avant, près du rosier où je me pique en lui coupant l’herbe sous le sexe        (l’appareil génital)

      tout compte fait je m’éveille à moi-même, mi-ange mi-raisin. je ferais bien un tour si je ne craignais d’y perdre quelques billes – et tout ça pour me retrouver là, mâchonnant les choses comme ci, masculin-féminin, ou telles qu’elles ne sont pas

    10 octobre 2018

  • virevolte et soi de haut

      entre dépasser sa propre existence et ne pas même l’atteindre le verrou a sauté. mille vire-volantes feuilles mortes en amortissent la chute. tel que cela t’apparut au retour de la casse

      non, pas de bateau, pas de bateau sans moi. les dents mordant l’galet, le vent entre les cuisses, quelle étrange coïncidence – l’exacte superposition du hâl et du maqâm et que cela te serve de cap, à la verticalité béate

      tu ne sortiras jamais d’ici, vivant ni mort. et de ce cas précis tu conclus à l’éloge sans joie d’un sol à la dérive. tu penses, candide, poser un œil en lieu et place du destin

      mais tu n’iras pas loin. l’infini ici éclot, dans l’incertain mélange des deux. tirer les cheveux en arrière jamais ne bombera le front, pompons verts mercurochrome. je respire après vous oui, narine retroussée, et je respire enfin

    virevolte et soi de haut
    10 octobre 2018

  • parler à jeun

      mémoires cadenassées, petit vent de fortune – on ne va plus aux enterrements. on ramasse les lettres tombées des vieux adages, sans même prendre la peine de les remettre en
      un ordre quelconque

      ma tristesse ne décolle pas d’un très pur et dur azur – je sais plus de quel côté je navigue, de quel côté je coule je te tire par la manche, chemise blanche ou mer du nord je radote. je pense n’avoir jamais
      joui de ma vie

      ne plus avoir à se justifier soulage un mât couché, un ciel rampant. j’avais une langue une langue fourchût; j’appelle un bruit un bruit quoiqu’il ne porte plus. on prétend qu’un mort mort n’émet plus de reflet
      un reflet ça quand même…

      par la salle aux mille souffles et par les tout-petits bruits. les amours tuées dans l’œuf survivent à la débâcle, surfaces glissant limpides sur le crâne des monstres. pisse-moi dessus je n’ai plus peur. je n’ai plus peur tu sais depuis que rien ne
      me protège de rien

      ne réponds pas. surtout ne réponds rien. les réponses crèvent la lune, celle qui meugle quand on sait plus vers où se tourner, de quel bois se chauffer. les chiens galeux ont envahi la place; ne reste plus qu’à mourir, se laisser sombrer c’est ça – pleurer contre
      son sein moite

    8 octobre 2018

  • un jour ou l’autre, un jour

      que ferais-je d’une porte alors que les murs sont effondrés, et que plus rien ne me sépare de dieu que cette distance froide et infinie me séparant de moi-même, et que j’incarne, tombe insensible à tout rayonnement amoureux
      dieu seul me guérirait de moi mais guérir ne me sauverait de rien. mon désir unique, profond, insatiable est sans objet. il n’a donc pas de fin

      il y a là un trouble, une perturbation atmosphérique, comme la voix éraillée d’une sirène qu’on étripe. on ne se demande pas simplement ce que fut ou à quoi se résout désormais notre vie, mais quel en est le point flou, la ligne vaguement rouge ou l’espace décomposé. on aimerait se reconnaître en un autre que cet étranger nauséeux, en un être auquel s’avouer enfin, ne serait-ce que vaincu – en apparence vaincu

      c’est le toit qui me manque. un toit haut comme ça, haut comme le temps qui dure, la conscience en suspens sur sa propre interrogation. un jour n’est pas le même on n’en tirera rien de plus, que ce jus noir au finistère de l’hébétude

      de confondre bouée de sauvetage à pierre qui coule, s’extrapolait tout un horizon. se comprendre soi-même cessait de nous importuner. même le sexe s’était enfin rendu à l’onanité de sa douleur. un point croyait en suivre un autre et s’y coller, alors qu’il ne signifiait que l’absurde répétition du même où le même s’enlisait

      chaque jour on s’emmerde, et le jour le premier. les diversions donnent le change mais le change n’y suffit plus – ai-je donc si peur de m’y perdre? rien ne sort d’où tout en vient, c’est comme ça et si ça n’avance à rien, le vide à reculons d’un mauvais pas encore

    un jour ou l'autre, un jour
    6 octobre 2018

  • l’absence à vif

      la nuit c’est celle qu’on vit, régressive, , et qu’on revit perpétuellement en tant que
      mort en sursis

      je n’ai besoin que de soi en moi, mon intégrité mélancolique, la plénitude d’un
      arrachement simultané

      à part l’homme il n’y a plus d’éclair, fut-il mis en veilleuse
      un chant retentit donc, il n’est plus de voix indispensable
      à cela

      la certitude d’un sol, d’un socle de lumière me fait consentir à la chute, ou du moins m’y soumettre, m’y abandonner, la rendant du coup
      presque superflue…

      il y a tant de haine dans la paix que seul un néant peut la dissoudre. la tête, elle, demeure suspendue, surplombant sa propre
      défection

      plus rien ne tient debout, sauf l’espace, les arbres en équilibre sur
      le fil des saisons…

      ombre gesticulant sur un écran de fumée. on nomme ça l’exil. un appel continu me raidit, m’exhorte me déporte, quand bien même je ne le
      perçois pas

      je jette un pont devant chez moi. je ne demande pas à mon esprit de rejoindre mon esprit, mais simplement de
      passer le pont

    4 octobre 2018

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