ne sens plus que la douleur dans un corps en bout de soi – demeure la douleur, où le corps s’enlise
à l’aube tu te lèves. tu ne sais pas quel jour il est alors tu l’appelles jeudi: tu avais entendu ta mère dire que tu étais né un jeudi. c’est tout ce qu’elle s’est jamais rappelé de toi…
y aura t-il assez de place pour tout le monde dans le jour le plus court? certains devront être refoulés dans l’ombre, confinés à l’oubli. eux se souviendront de tout; eux verront tout; eux réciteront les prières qui élargiront le jour
chaque fois que j’ai crié, la terre ne s’est pas fissurée, le temps ne s’est pas suspendu, les enfants sous leur énorme cartable se rendaient à l’école
les lacets sont défaits. je n’ai pas le courage de me pencher, pas le courage de me redresser. debout, figé, je regarde le jour se lever, sachant déjà que je ne me retournerai pas pour le voir sombrer
tout la nuit, j’ai compté jusqu’à un
pas un enfant pas une femme, pas une boulangère ne m’a parlé. je tapote sur la table – j’en aspire le son creux…

Laisser un commentaire