deux ou trois souvenirs suffiront à traverser l’oubli, le rêve s’appauvrit. le rêve s’appauvrit, tous les deux ou trois jours je m’en vais voir la mer, or ma mer n’y est pas
– tant pis
pire: il y en avait encore qui dessinaient, par terre ou à même leurs grolles, des traces de ce qu’ils n’étaient plus sûrs avoir jamais vécu
je ne suis pas sensé demeurer dans ces parages. je porte la gourde à mes lèvres sans espoir vraiment d’y trouver à boire, mais dans l’impossibilité d’exclure tout à fait le miracle
j’aime les jours gris. j’aime que le monde soit celui qui instaure la distance, me poussant à la marge. j’aime habiter cette marge, arpenter ce vide entre nous, respirer le vide où se parachève notre déconditionnement
il n’y avait pas vraiment le choix: c’était ou exister ou rien. or rien ne se choisit pas. nous sommes donc aller ramasser des mûres, en contrebas, vers l’étang…

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