soulève les montagnes
regarde sous les montagnes et ne trouve rien, pas un kopeck
comment le rien peut-il donc soutenir les montagnes?
repose les montagnes
et vas-y, envole-toi
envole-toi maintenant
par la même occasion, par le même mystère
.
un brin d’herbe a poussé du néant, sous la quatrième feuille d’un trèfle un sexe s’est éveillé
rien ne meurt dis-tu – n’as-tu donc pas pitié de la mort qui
tout augmente, souffle sur la minuscule braise des racines et enfante oh mon dieu entends-tu bien,
enfante tout un jour
.
pas plus haut mystère que le cercle et cependant le cercle ne se définit que par une ligne imaginaire
le vent d’ouest apporte la pluie, le ventre de nos femmes forgent les clameurs futures
exister dans le temps sans fin me laisse songeur, je cherche encore un lieu vierge où mourir
.
il y a un deuil, et il y a une croissance
un deuil dans la croissance certes, mais une croissance par le deuil aussi
il y a l’agonie du sexe dans l’autre sexe, comme le ventre malade de la dernière résurrection
et puis l’amour impartageable, hors les frontières, l’amour sans objet, la libération de soi dans le dépassement de soi
– la si tendre négation…
.
il serait trop aisé de réfuter le néant, lequel depuis toujours nous réfute de telle sorte que nous n’existions autrement qu’en tant que miraculés
je grimpe sur mes propres épaules et de là sur mes propres épaules encore
au faîte du rien, je ne vois rien – pourquoi donc un bonheur me comble?

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