la vie ne pénètre pas jusqu’aux entrailles – il fait trop froid là-bas
je pense à toi, et je ne pense à rien
ça va ça vient, ça ne ressemble à rien
ça ressemble à ça, là: s’arrêter sur le pont ne pas
chercher plus loin
.
il ne faut pas grand chose pour faire un miracle, tu sais
je parle de la misère intérieure, de la souffrance morale comme paratonnerre du miracle
on avait tellement mal qu’on ne s’en souciait plus
qu’elles sont belles, ces villes reconstruites au cordeau derrière les bombardements
– on se croirait fumer un joint dans un cimetière militaire…
.
pourtant j’aime mon ballon, lâché dans l’air et qui m’échappe
je rêve qu’un jour dieu et moi ne nous dégoûtions plus…
.
j’ai pas soif
je sais que c’est terrible, mais j’ai pas soif
la vie n’est jamais plus vraie que lorsqu’on en déchiffre le mensonge mais on s’en fout:
toute la pitié, toute la pitié je voudrais la concentrer
en un geste anodin…
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