beauté permanente

  tu n’avais rien. tu n’avais rien et moi je n’avais rien, légers sur le néant…
  ne rêvons plus de rien, non ne rêvons plus – qu’à notre insu nous porte le courant, nous déporte
  nous n’avions rien. quémander une cigarette, une cigarette comme seule garantie de toute réalité
  ici il faudrait mettre quelque chose de sexuel, de bestialement sexuel – la larme convulsée d’un cri peut-être. ça t’échappait parfois…

  .

  je veux bien mourir tout à l’heure. vivre n’a plus de poids
  la beauté me subjugue. à tel point que cela me ferait mal de m’y abandonner tout entier
  la beauté d’être, de ne pas être tout à fait aussi, de ne pas être beau vraiment, de chantonner un truc tout con qui me colle au cerveau depuis l’autre jour
  où je n’entendis rien, rien que le son, abyssal, du néant entre moi ici, nulle part
  et toi là-bas, ou moi, nulle part

  .

  le ciel est bas. parfois je croise quelqu’un – c’est une horreur métaphysique
  à moins que ce ne soit par désespoir, les doigts écartés couvrant le visage d’une dernière (fausse) pudeur à moins
  qu’on ne batte un enfant, le ciel est bas,  on le remontera
  – s’il ne nous absorbe pas avant s’il ne nous
  crève un orgasme en plein transport
 

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