carême en la disette

  et l’illumination on apprendrait plus ou moins à vivre sans, c’est à dire à survivre, c’est à dire à la garder au fond de soi parfois comme un espoir déchu, parfois comme la graine endormie dans la certitude de la pluie à venir

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  il y a des chutes dont on ne se relève pas, et le roc le plus dur a les intestins pourris on le sent bien quelque part. je pleurerai donc, je pleurerai jusqu’à ce que le désert reverdisse, jusqu’à ce que la croix éclose en pavot

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  dans le doute j’ai mangé ma maison. dans le doute j’ai pissé sur un chien. puis le doute ne signifiant plus rien, je me suis allongé tout contre le chien mort. il n’errerait plus

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  sans plus de doute aucun je gravirai la croix. et du sommet où le ciel s’ouvrira, s’ouvrira au-dedans de moi et m’écartèlera, je n’existerai plus, et n’aurai jamais existé

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  et quand j’aurai peur, quand j’aurai vraiment très peur, qu’une main dans ma main pèsera tout le poids d’une chaise vide, que pourrai-je dire encore qui ait le moindre sens, qui pencherait d’un côté ou bien de l’autre, mais ne coulerait pas à pic?

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  on ne se parle plus. j’ignore pourquoi on ne se parle plus. peut-être parce qu’on ne s’écoute plus soi-même. peut-être parce qu’on écoute plus assez le silence
  qui ne dit rien
  qui reste là, se tait
  ne dit rien
  et nous écoute

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