sur la borne-mourir, aux yeux si peu de jour
les miracles m’ennuient, un miracle me fuit – à qui te dire tu
le mot partir aussi résonne tout autrement, j’ai bien ôté mes gants
je les ai laissés là, les mains entrent en silence, je les ai laissées nues
c’est la bonne saison, aux yeux si peu de jour, si peu de jour alors
dis-moi qu’il pleut
.
une autre nuit tu es comme un homme
ou par un coup de gel tu meurs en plein milieu
j’ai froid pour toi dis, j’ai froid sans toi non plus – j’ai froid pour deux
un autre jour tu pars un peu plus tôt, si tôt que le jour ne vient pas, stigmate de ma morsure au cou
et les veufs de leur vie à souffler sur leurs doigts ne sont plus qu’ongles, gosiers secs
et perruches branlantes…
.
plus besoin de prouver quoi que ce soit, on peut baiser comme tout le monde désormais, à genoux sur les coudes
on n’évoquera plus la mort que pour désosser la raison, affoler la course des aiguilles au cadran du destin
j’ai la dalle, comprends-moi j’ai la dalle – les dents infâmes mais y a pas d’estomac
.
en vue, l’infini rien
je vois ma vue, je plonge en mon regard – tout change, quand demeure le même désert intérieur
en joue, la pure béance, le trou noir de la conscience le point mort, le point G de toute absence tu pleures?
allons donc, tu pleures. tu pleures maintenant. et moi qui allais justement te traiter d’inaltérable, d’indélébile,
la fleur sans jus le beau
silence…
Laisser un commentaire