j’ai mangé toutes les fraises
de quelque côté que l’on envisage les choses, on ment
mon enfant est mort – ou plutôt est-ce moi qui me suis mis
à perdre l’âme…
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nous nous exécutâmes, dieux sans prime au bord du champ blessé…
à la prime ou à la casse, de quelle exécution parle t-on?
quant à ce champ blessé, ne nous attardons pas à de tels détails…
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et puis tout ça c’est un peu comme passer ses vacances au Donegal
on ne sait pas de quoi octobre sera fait – on n’en attend rien de bon de toute façon
à vrai dire on n’en attend rien du tout
.
la mort dans l’âme je t’annonce ceci
la mort dans l’âme peut-être vaut-il mieux que je la ferme, que je l’enferme, la mort dans l’âme
la mort dans l’homme, je te dis qu’on n’y arrivera pas
et que c’est pas plus mal ainsi…
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tu crois que vivre ça vaut le coup, tu dis que vivre c’est mieux que rien
et tu ne sais quelle malédiction tu profères en disant ça, quel mal s’abat sur nous
le ver travaille dans la pomme – la pomme, elle, ne fout rien
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je suis dégoûté de l’art et des manières, des prétentions de l’intelligence comme du rut intégral
je veux une vie planer, m’embourber et crever
dans les collines ou pire encore: sous le ciel liquide
du Donegal

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