d’où la bancalité du vide, d’un certain vide

  difficile, quoi qu’on en dise, de tuer un mort.  quoi qu’on dise ne tuera pas un mort, dit-il.  dit le mort.  alors dis-le, tue-le encore une fois.  tue-le
  encore un peu

  l’âme à la bouche et c’est pas évident d’y croire, je crains.  je crois, et peut-être je crains, qu’il s’agit là de vous, dit-il.  dit le mort, quoi qu’il en dise.  et toute lumière
  s’éteint

  perdre pied, perdre espoir ou même le nord – perdre en tout cas quelque chose, et laissé là pantois.  je vous croyais partie.  je vous croyais partie mais on ne revient pas, tant le lieu sur lequel on revient lui-même ne
  revient pas

  suis-je moi-même parti, éjecté permanent.  difficile de chasser un absent, quoi qu’on en pense.  un absent ne part pas, dit-il.  dit l’absent, sans doute.  l’absent quant à lui
  en doute

  couvrir de feuillages le précipice n’empêchera pas d’y tomber, mais j’y tomberai seul, pense t-il.  et tout seul, comme on dit tout nu quand il fait froid.  comme il fait froid, dit-il
  mais elle s’en fout

  à pleines mains, à pleines brassées.  à chaudes larmes recouvrir son corps de sable.  son corps de sable jusqu’à ne plus pouvoir bouger le petit doigt.  alors la marée monte, la marée morte est-ce donc cela,
  perdre pied? 

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *