qui d’un bout de papier fit pousser tout un arbre, et lui rendit couleur…
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maigreur d’avril, en moi lutte un serpent
tout au fond du fossé git le miroir brisé
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de la main même, subalterne et mendiante
s’écoulait tout ce chant, soupe au lait mal de dent
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j’aimais le son des ruines, l’effondrement des bases, le glissement des stores
j’aimais la lèvre ardue, à gagner l’autre bouche
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la pluie, toujours la pluie – d’air, d’eau, d’élégante désertion
et puis un matin, un matin comme un autre, je n’ai plus reconnu en eux que l’image braillante, mi-errante
de leur carcasse…
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c’était beau, c’était sport, la mousse recouvrait tout
tout l’étendue, les murs éboulés, les arbres descellés, mon sexe
les avenues déroulées de toi nue…
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je trépasse, depuis tout petit je trépasse
les bronches dilatées, la morve au nez, le ciel bas dont s’apitoie la très triste chanson
je trépasse…
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et de si haut perchoir qu’il nous faille déverser
nos cris rauques, ricanements, bègues chants d’alouette…
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les arbres tôt se plantent le matin; d »autres essuient leur déshérence sur d’incertains chemins…

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