allez chante la vie sauve, et fais pas chier
mon astre en est un comme il en existe des milliards, et je sais pas trop combien ça fait des milliards
– tout un banc de méduses à s’y plonger dedans j’imagine
plus un coup d’pied dans l’ventre…
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si le fait d’exister me laisse chaque jour plus perplexe, je n’en garde pas moins le sens du terrain – j’ai les cartes, et si je disposais d’un temps présent je remonterais sans difficulté chacun des chemins qui m’ont conduit
là où je fus avant que le sable – que dis-je: le caillou – ne s’évapore et retombe en prière
sur mes genoux
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j’ai trois fois l’âge de te dire adieu, et cependant je n’ai fait de mal à personne
– un peu bien-sûr à ceux que j’aimais, sinon à quoi aurait-il servi d’en être aimé de retour?
et n’est-ce pas, n’est-ce pas qu’ils m’aiment bien quand même et que leur oubli de moi, grâce à moi,
leur portera chance et bonheur…
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j’ai eu tellement pitié que c’en est à gerber, alors je ne prends plus la peine désormais de demander pardon
avec ceux qui restent, derrière la barrière, on se regarde sans trop savoir quoi se dire, on se sourit à peine – je pense que bientôt on va pouvoir se toucher du genou et adjurer
le fantôme de toute une vie…
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je ne vais nulle part
je crois que je porte un fardeau – je voudrais m’en délester face à votre nudité. je veux dire: seule votre nudité semble être en mesure de m’en délester
les mites auront raison de moi, vermoulu, mais ce qui aura raison des mites
m’élèvera plus haut, et ma nudité sera votre orgasme tel que je me l’imagine: danube serpentant d’un jet de pisse
à la mort noire…
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ça y est, je ne touche plus le sol – je peux dire même que je n’ai plus de ciel au-dessus de mon ombre
tu ne veux pas baiser en sang tu ne veux pas
piquer des fleurs dans mes cheveux, mettre de sucre dans le café tu ne veux pas
battre des mains quand tout un monde expire ça doit être
de la pudeur – enfin moi j’explique ça comme ça
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je sais qu’on n’aura pas pitié de moi
même dieu ne sert à rien dès qu’il n’a plus pitié
je voudrais ne cesser d’avoir pitié – je crois je dis n’importe quoi je ne sais comment mais j’ai l’impression en quelque sorte
que l’univers se disloquerait instantanément à la dernière goutte évaporée
de la pitié…

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