je me suis allongé à côté du chien. il a tourné la tête vers moi puis s’est replongé dans son rêve
ça nous rassurait tous les deux, de sentir une présence inconnue, sans malveillance
quand je me réveillai dans la nuit il n’était plus là. alors je me levai et partis moi aussi
quelques flocons de neige tombaient là
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je parle sans savoir
prête-moi un peu ta main, que je n’aies pas peur, ou que je n’aies pas froid je ne sais pas
on va marcher très lentement. très lentement, ça nous permettra de ne pas nous regarder, et de n’aller nulle part sans pour autant rester là
on dira n’importe quoi, taisant ce qui nous brûle parce que ce qui nous brûle ne se dit pas
on parlera sans savoir, sans savoir vraiment…
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il a pleuré longtemps, tout seul. d’ailleurs il se cachait. ses yeux à force sont devenus des cailloux
je me dédouble. c’est comme si j’étais à la fois ici et là-bas, ici au monde et hors de portée, tout au-delà déjà
certes un cordon ombilical nous relie encore, mais j’ai l’impression qu’à un moment donné l’un d’entre nous va lâcher le bout…
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il n’y a rien à manger ici, allons plus loin
les hommes sont carnivores, comme les chiens
je bois du thé brûlant pour me réchauffer – j’ai toujours froid depuis ce temps-là
il me faut déceler toujours plus d’infini en moi, d’infini par où m’échapper – échapper à tout et à moi-même, échapper à la vie comme à le mort
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je m’ennuie. je ne saurais rien faire d’autre que de m’ennuyer. sans ennui j’étouffe. il me faut ce vide-là, cette érosion intérieure, ce gémissement tu
je m’ennuie parce que je ne sais pas faire autre chose, ne supporte autre chose
parfois un peu de terre me colle aux doigts
sans que rien ne se passe l’ennui finit par se dissiper, le vent par se lever, qui ne souffle pour rien
du lumineux alors, qui pour rien ne lumine…

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