et les doriens rentrèrent chez eux

  j’aurais voulu t’appeler mon frère si t’étais pas une fille. le ciel rentrerait certainement bredouille chez lui s’il avait où rentrer. quand tu as accouché d’un autre j’ai pris l’enfant dans mes bras, et j’hésitai longuement entre l’étouffer ou le confier au fleuve…

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  le danube était beau ce jour-là. on ne sait jamais pourquoi tel ou tel jour le danube est beau. je me suis dit il va vers la mer – il va vers la mer, lui aussi

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  le pain rompu, les amitiés dédites
  le christ descendu de la croix – ils s’y prirent à trois ou quatre bien-sûr…
  les lieux du retour m’écartèlent, les hommes sur la route me saluent
  d’un bref signe de tête

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  pauvre la terre, qui appartient aux pauvres
  d’ailleurs qui n’est pas pauvre, les pieds sur terre et le cœur en misère, le verbe haut, toujours trop haut
  terre des pauvres… ils crachent dans leurs mains ou les miennes – aujourd’hui c’est grève perpétuelle, aujourd’hui,
  c’est le fleuve en jachère…

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  me dis-moi que me dise, c’est le fleuve en pâture, c’est tant de bonté tombée
  dans la gueule du loup, l’auge des méridiens qu’importe, qu’importe puisque nous sommes là, raccrochés à l’espoir fou
  qu’aimer ne sera vain…

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