fin de la pluie

  les étrangers, ceux qui sont étrangers à tout, la nuit est un éveil
  tout ce qu’il a fallu, tout ce qu’il a fallu de mémoire, pour revenir à rien
  je me regarde, je me regarde me regarder et je me vois partout, partout en rien
  dieu pardonne-moi

  .

  on partira, on partira quand même tu me diras,
  tu me diras où c’est qu’on va et je te dirai rien, parce que j’en saurai rien
  j’ai mal au ventre, j’ai mal au ventre j’te dis
  j’aimerais que t’entendes ça grâce à l’enregistrement audio
  il faut résolument passer à l’enregistrement audio

  .

  je n’ai plus le choix que de l’éternité, c’est à dire de l’être dans la conscience de l’être
  que le mot être et le mot conscience soient bannis de la matière
  et la matière pareil, supprimée à son tour
  et si tu crois pouvoir te tirer d’affaire par un simple poème… je te donnes cent balles, cent balles et tu dégages

  .

  le plus inutile des hommes possède au moins cette vertu-là, d’être le plus inutile des hommes
  il a pissé quelque part, un chien l’a bien senti
  moi, quand je m’en suis retourné il n’y avait plus personne, il n’y avait même plus moi
  pour me suivre ou pour me reconnaître, quitte à me méconnaître
  alors j’ai bouffé l’clébard

  .

  la pluie s’est arrêtée, arrêtée
  elle aurait pu continuer, continuer
  j’ai cru que le temps allait me survivre, survivre à ma passion
  je n’y comprenais rien, je n’y comprenais rien non plus
  désormais toujours pas

  .

  la vie est un homme mort
  debout mais par pitié, la vie est un homme mort
  chaque fois que je crie tu t’embourbes un peu plus
  tu culmines au point zéro, petite trousse,
  petite trousse de voyage…

  .

  dieu d’un seul homme, penche-toi
  par la vitre de la portière, prends
  une sacrée bouffée d’air frais, une
  baffe de vivre, dieu d’un seul homme actionne
  actionne la vanne de vivre
  parce que là sincèrement
  je me sens pas trop bien…

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