et je ne suis qu’à moitié crevé hein: l’autre moitié respire encore, respire à fond – a t-on jamais respiré à fond comme ça? oui bien-sûr. je veux dire que si tu n’as plus peur ou même si tu n’as plus de désir, tu lui caresses le crâne quand même
et si l’amour se montrait modeste, se contentant d’une fille du quartier, d’une fille d’émigré, d’une seule fleur d’oranger – est-ce qu’on aurait pardon, est-ce qu’on aurait pardonne-nous, est-ce qu’on aurait du jour à boire, ce majestueux à perdre? on aurait toute la vie oui toute, on aurait, toute une fille du quartier…
là il ne se passe rien. j’ai beau regarder là, il ne se passe rien. ou alors pour semblant, comme ça, juste pour faire semblant. on retire les émotions, on omet les idées, tout, et puis on fait semblant. c’est la sale vérité qu’il nous reste
sortir de la mer à bras nus non là vraiment je n’y crois pas. j’apprends peu à peu à ne pas regarder, ni dedans ni dehors. peu à peu ne plus voir, ne plus savoir le jour de la nuit. ainsi donc je me souviens des deux jumelles – l’une mettait du rouge à lèvres et c’est à ça seulement qu’on les distinguait
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