enfin tu ris, resplendissante évanescente, enfin la peur desserre son écumante mâchoire de sus l’aiguille d’une cheville, le fragile astragale
enfin tu danses, sans mal y penses, libertine tu gambades, haleine du troupeau, souvenir enfoui à propos resurgi
– il n’y a d’autre raison…
soleil, truand, petit soleil truand, pâle phallus de novembre, redescends donc d’un cran
s’enivrer dès midi c’est peut-être gâcher sa journée, déclarer beau forfait, préparer son naufrage – mais c’est d’abord réussir son zénith, saborder l’ovaire clair d’un faux ciel de novembre, piètre vivant, pâle contrefaçon d’un bonheur récurrent
mourir à contre-cœur je n’en veuilles pas – alors tu vois?
ça sent bon, tu sens bon, elle sent bon – ce glissement de tu à elle, du je au tu, tue-moi donc si je peux
elle tire sa langue au prédateur, petite langue – on prend ça pour une simple rumeur alors qu’en fait c’est mon vélomoteur
il me sert dans les montées, il me sert dans les descentes – la petite coquine avec ses nattes, là, ses fines nattes,
m’exaspère
tu ne m’aimes pas, je sais que tu ne m’aimes pas mais ça ne fait rien, on m’avait prévenu ça ne fait rien
je te tends un peu d’herbe, tu hésites un moment, tu renifles tu soupçonnes… je te tends un peu d’herbe ça pourrit doucement dans ma main
j’ignore pourquoi je suis heureux, ma tombe grande ouverte je suis heureux
ce n’est pas de dieu dont je me suis lassé mais de mon amour pour lui – cet amour si mesquin, grandiloquent et bénin
je n’ai pas les yeux d’être ébloui, pas la gentillesse spontanée d’une amante de passage – je n’ai pas grand chose de bon en fait, j’aurais du m’en sortir,
aller dormir ailleurs ou ne pas la toucher, me mentir à moi-même comme toujours en disant ça fait rien, allez va ça fait rien…
l’écaille tombe du dos, la ligne déraille de la paume – s’effile une tristesse… demain n’aura raison de rien
quelques roses rouges, plutôt miteuses, perdurent jusqu’en décembre au rosier sous ma f’nêtre – ça a l’air de rien, mais la ressemblance est bluffante
qu’ajouter à cela? je suis passé à l’épicerie ce matin – une voix inconnue m’a dit six soixante-quinze

Laisser un commentaire