tu t’accroches au rebord de l’eau. peut-être toutes ces voix racontent-elles la même histoire, chacune à sa façon. peut-être chacune, avec cependant les mêmes mots, ne raconte que sa propre histoire, invraisemblable. peut-être que l’une t’embrasse le sein droit tandis que l’autre t’embrasse le sein gauche. tu ne sais pas : toi tu t’accroches au rebord de l’eau et puis voilà.
.
je m’allonge, me renonce.au bout d’un moment le moment se décompose et je ne suis plus sujet, mais rivière, charriant les poissons ophéliens, les poile pubiens de la sainte croix et tout et tout
.
les mains ligotées dans les poches de ne-pas-donner, je me pisse dessus
un effort suprême et je parviens à les étaler là sur la table, deux minables paquets de barbaque avariée
alors je les massacre
je les massacres
ainsi me vois-tu errer de crépuscule en crépuscule, l’œil vitreux oui mais l’air mauvais, l’air d’un chien auquel on a arraché les crocs, auquel on a arraché l’aboi
– et même plus l’ongle d’éventrer ne serait-ce qu’une mouche sur l’autel
de ma frustration
.
nulle-part ne sera mieux qu’ailleurs. la bouche humide le regard triste, un vent d’ouest ramollit les bords du miroir
je n’en sais rien d’ailleurs, puisque je reste là allongé tout habillé dans ma baignoire vide
et que j’ai froid, de plus en plus froid, avec tout collé à mon sexe le cadavre empalé de la sincérité
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