mais j’aurais su quoi dire, si seulement j’avais su à qui parler. au bout de l’ongle les miroirs crissent, se fendent. toute la chair du monde n’aurait la réalité d’un seul mot fondant sur la langue du vide. mais qui s’emmerderait à croire (à) la réalité?
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j’aimais sucer ta langue. il suffisait de quelques amalgames hâtifs pour conclure à la passion. le reste du temps on branlait le temps, ici ou ailleurs, selon les circonstances. je saute à pieds joints dans ma vie. les éclaboussures peignent leurs visages et leurs odeurs sur les parois intérieures de mon cercueil, oh mon joli cercueil…
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mourir est un mètre trop court pour mesurer la souffrance humaine ou autre. la compassion de mille bouddhas n’y suffirait pas. pisser contre l’arbre me rapproche du fait absolu mais cela ne me rassure pas vraiment, et je n’ose toujours pas te toucher la main, ni évoquer les morpions.
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l’instinct de l’extase et la force d’abstraction s’équilibrent en un être approximatif, dont les quelques paroles transmises témoignent non seulement du profond désarroi, mais aussi de l’étonnante indolence régnant paradoxalement sur les scènes de crime (je suis le corps d’inavouables blessures…).
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ne pas payer les taxes, être retrouvé mort après plusieurs jours à cause de l’odeur, rêver comme ci, comme ça, ou encore comme ça, plaisent à dieu. ça ne s’explique pas c’est ainsi. on essaie juste de sauver la vie, à force d’imaginer qu’elle n’est pas…

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