tu viens? non, tu ne viens pas – comme si rester avait jamais été possible… tant pis, je chercherai ailleurs la pitance, la paillasse d’un seul corps, fluide érection, d’un seul croc planté là dans la plus claire absence de lieu
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je ne dirai rien je te promets – qu’aurais-je à dire d’ailleurs, d’ici ou de nulle part? on laissera donc grandir le silence, s’étendre, nous envahir peut-être… à moins que nous ne dressions face à lui le mur d’une écoute, ou ne le laissions fuir…
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bats de mes ailes, en vain. couve le vide comme si de toi-même n’éclorait jamais qu’une absence infructueuse. une nuit où disparaître semblait fermer les yeux…
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pas plus tard qu’hier tu n’aimais rien, sans même lui en vouloir. tu te promènes à présent à travers la forêt calcinée, te couvrant de cendres pour ne paraître nue, ou pour dissimuler que nulle autre nudité ne te recouvre que celle des cendres…
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cet abandon limpide, ces yeux de naufragés surnageant d’un petit matin blême… tu ne me reverras pas, tu ne me reverras plus parce qu’entre soi et toi la distance suffit, l’infini préexiste
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j’ai connu une fille qui mangeait les oranges avec la peau, comme s’il ne s’agissait que d’une bête pomme. elle avait toujours fait ainsi, depuis toute petite – elle n’aurait pas su expliquer pourquoi. moi non plus je ne sais pas expliquer pourquoi, ceci ou autre chose…
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