la fin de la récré

  on ne peut nourrir la foule avec plus d’un petit pain de mie. on ne peut désaltérer les multitudes avec plus d’un gobelet de cidre. on ne peut assouvir sa soif d’absolu avec plus d’un mégot…

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  évidemment il est essentiel que tout se passe à notre insu, que les vérités ne soient que pressenties, et vagues les promesses, afin de préserver en nous la possibilité de l’orgasme, de la conjonction, en un éclair de temps, de l’immanent et du transcendant

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  j’aime la nuit où les chasseurs m’ont tué. quand je me suis relevé je n’étais plus la symbiose douteuse d’un spectre et d’une larve, mais l’imminent salut de la population locale

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  aller droit au but se révélant la manière la plus sûre de le manquer, je me suis perdu en chemin. un chemin sans s’y perdre fait l’effet d’un tas de caillasse, et les pansements emportés par précaution s’avèrent de grande utilité, quoique d’efficacité restreinte…

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  un arbre s’est bien caché derrière le mot arbre, pourquoi donc ne tirerais-je pas la langue jusqu’à ce qu’elle envahisse ta bouche, ou rampante sur le gravier ne s’y plante en piercings les arêtes du Verbe. certes je nage, mais je nage en amont…

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  chacun vide son sac. on en sort des crapauds, des trombones, des miettes de chips – et même les saluts que ne vous ont pas adressés les gens croisés dans les villages traversés. chacun vide son sac et ne garde en dedans qu’un ricanement de tête de mort, ou la mince pellicule de matière gélatineuse recouvrant le gland du sud

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  cela est nécessaire, incontournable – malheur cependant à celui qui sifflera la fin de la récré.

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