le rêve témoigne d’une primitive spiritualisation de la matière, et l’esprit naît à soi quand l’image se distingue de l’objet et se prépare à en devenir le signe autonome. prémisse à la conscience de soi, le rêve dématérialise le monde en l’esprit de l’être qui s’en détache.
au terme de ce processus, le monde constitue la mémoire des signes d’un poème où un esprit transcendant transcrit sa propre réalité, s’inventant au fur et à mesure qu’il succombe à la fascination de soi, terrifié du sentiment intime de son irréalité tout autant qu’enivré de son insensée témérité.
au jeu des masques, l’être poétisé noie son entité dans l’onde des miroirs. il avance en aveugle sur la corde de son propre regard, ligne de partage entre la finitude et l’infinitude de la grande inconnue. détaché de soi-même, il est devenu la voix des gouffres, l’éveil à d’entêtants parfums…
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