la pêche assise

  l’esprit
  plonge dans l’esprit, se disloque se noie. l’esprit
  retourne à l’état de mer.
  pardonne-moi de ne pas te regarder, pas te reconnaître : l’esprit
  retourne à l’esprit

  .

  suis-je un homme qu’on endort, par les seules paroles mortes
  à pisser sur tes seins mes promesses d’enfant

  .

  il ne reste plus longtemps – rien que l’éternité mais l’éternité n’est pas grand-chose
  : un peu de jour fondant sur une langue de sable
  – d’où le retour, imminent…

  .

  parfois c’était venue, le ciel changeant
  d’autres fois la marelle jouait bien haut dans le vent
  – elle n’avait pas l’habitude

  .

  ne me reste que la jambe, gauche, de ne pas faire un pas
  ne me reste que le bras, gauche, pour en guise d’adieu
  ne me reste que l’œil, gauche, à rattraper là-bas,
  l’horizon se défilant…

  .

  sans entrave. sans entrave je veux que tu marches. sans entrave je veux que tu te dises, en quelle chute m’entraînes-tu?

  .

  je te cherche à vue, fille-musette et le cœur débridé, de tant d’excès et chaste, comme alors…
  je te cherche à mort et la main dans le dos, fille raclée dans les bas-fonds du jour

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