la peur était tout ce qu’il restait en moi de pur, tout ce qu’il restait de moi en fait. me défaire de la peur me priverait de toute dignité. et des gens se tuent pour bien moins que ça vous savez…
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dieu a dit au pommier toi, tu f’ras des pommes. il a dit au chien toi, tu chieras un peu partout sur les trottoirs mouillés, tu gambaderas et tu renifleras le cul de ton prochain. puis se tournant vers l’homme dieu a dit, toi, tu te demanderas le sens de tout cela. et ce qui commença dans un sourire finit en une grande pitié.
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recommencer à avoir une âme: les mots sont aussi vides que la réalité qui prétend les incarner. il était un temps où les êtres se rencontraient, s’illuminaient se mutilaient, puis se perdaient sans espoir de jamais se retrouver. parfois ils s’oubliaient parfois ils ne s’oublieraient pas, sauf à s’oublier eux-mêmes. comment dire, comment dire qu’on n’a pas existé, alors qu’on est là vraiment là, nus dans le cœur obscur de dieu?
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on est libre évidement oui on est libre absolument, mais on n’est libre de pas grand chose à vrai dire, sauf d’être nés, et de l’éternité.. d’ailleurs ça nous suffira pour aujourd’hui. et ça nous suffira pour le reste du temps aussi – pour l’éternité d’aujourd’hui, aujourd’hui de l’éternité. et le reste du temps aussi…
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entre le front de l’est et la cantatrice chauve, tu m’as sucé toute la nuit mon amour, et je ne sens plus rien – je ne sais pourquoi j’existe, j’évapore. je ne suis plus bon qu’à me décrotter obsessionnellement le nez en me demandant: mais où sont passées les larmes? il y avait bien des larmes ici auparavant?
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j’ai mangé l’ouest. j’ai mangé l’est. j’ai peut-être parlé d’une façon ou dit des mots qui t’ont blessée je ne sais pas – j’en suis désolé si tel est le cas je voulais simplement… je pourrais me promener indéfiniment comme ça sur terre et dans les airs, et tu n’y verrais rien…
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