un seul ciel nous recouvre mais c’est un ciel piteux, qu’il claque du bleu qu’il pisse le gris, c’est un cadavre exquis
la mort pourtant ça commence à peine, à peine et on s’en souvient déjà
car tout était vie – vie jusqu’au cœur de la mort, du dégoût, et de la haine de vivre
.
c’est un silence, un silence de terre en fond de poche, fenêtre ouverte sur l’hiver
tu ne comprends rien de toute façon, tu ne comprendras rien – cela se passe une fois qu’il n’y a plus rien à comprendre
et qu’il faille penser tout de même
à tous ces gestes quotidiens de la survie
.
la mort s’étend très loin – jusqu’où porte le regard au moins, et peut-être au-delà
il va falloir vivre avec soi, avec les bribes de soi du moins, et peut-être au-delà
je n’en sais rien. parler à tort et à travers me soulage de quelque chose – je ne sais plus de quoi au juste
.
au bout d’un kilomètre, je m’essouffle, j’abandonne, je rêve d’un banc de bas-côté, d’un abribus ou même d’une pierre sous les arcades
tu ne me parles pas, lors mes mots sonnent creux retombant sur le zinc de petite monnaie
seul et sauf, je traverse le jour. c’est banal mais c’est le jour quand même, si mince et long soit-il
.
au fond j’ai peur – peur, d’une peur endormie, une peur tapie
j’ignore ce qu’il y a dans la rue, et où traîne mon ombre, tag ou chemin vicinal
saisis-tu enfin la nécessité de ce silence? saisis-tu enfin la nécessité de se taire
et de serrer transie dans ses bras
son absence profonde?

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