le temps des mégots

  il ne fera pas bon chanter la miséricorde avec de la confiture plein les doigts

  je ne rêvais à rien. quelque chose qui n’était pas encore le destin remuait au bout de mon bâton

  la dernière goutte de lumière vient s’étaler sur l’icône de bouddha juste face à mon lit, d’où j’aurais pu jaillir vainqueur

  tout pourrait arriver, sans racines. sans racines soufflerait le vent, vers l’est. vers l’est, m’arrêtant de temps en temps pour faire le plein d’essence, me dégourdir les jambes

  quand le doute te prend, le trouble te floute, d’instinct tu cherches la mer, une mer, une prairie permanente – la pointe d’un couteau…

  il fallait tout oublier pour se souvenir de maintenant, baisser son froc et chier sur le miroir

  comment l’avouerais-je, des chardons en guise de doigts: la mort me priverait de ce sentiment de solitude, de ce désarroi intérieur – de cet égarement-là…

  dieu n’a pas une pomme, pas une pomme et pourtant dieu n’a pas une pomme. je prie l’arbre de tomber

le temps des mégots

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