le très très pur temps de l’ennui

  il ne pleut plus
  ou s’il pleut, c’est un peu plus au nord, vers les côtes, les côtes tristes d’un hiver doux
  tiens, ça me donne envie d’aller voir la mer, la mer à l’abandon, la mer à la peau sombre et toute ridée, la mer hors-saison
  – n’importe quel miroir, du moment que j’y ressemble à quelque chose…

  .

  la nouvelle année me fait chier. heureusement je sais le temps couler de la mamelle éternelle, alors je n’y prends garde
  souvent j’allais sur la jetée, juste voir le temps qu’il fait, tâter la houle. ça m’émouvait toujours
  je ne sais si c’est l’horizon dont on a modifié le tracé ou la jetée qui a sombré, mais je ne retrouve plus mon chemin…

  .

  que les choses soient telles qu’elles n’eussent pu être autrement ou qu’un détail infime les eut rendues tout autres ne dessoudera pas mes lèvres du néant
  je meurs de quelque chose. je ne sais pas de quelque chose et je déteste qu’on me dise qu’il s’agit de vivre. je meurs de n’avoir
  pu
  te prouver que mon désir de toi était plus grand que toi et que j’entends
  en plein hiver
  grillonner les grillons
  par cette fidélité j’escompte accéder à un réelle dignité métaphysique, car ne pas s’oublier
  dénudant dieu de dieu
  tout simplement
  le révèle

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