les animaux font partie de la veillée

   j’habite un jour sans feu ni bête, j’habite un jour
   à l’orée de nulle part

   elles coassent elles coassent
   puis plongent dans le noir…

   à chacun son domaine, sa vision et son arbre
   à chacun la pluie qui lui tombe dessus, pas ailleurs, et pas une autre pluie non plus
   à moi toute rature, toute rature dis-je, et les dimanches de cloche…
   et les dimanches de cloche

   ce qui ne change pas c’est la façon dont le loup redevient
   l’homme
   qu’il a toujours été

   ce qui change c’est l’homme qui pour ne pas s’endormir
   pour ne pas étouffer de ses soupirs en cage
   se prosterne à tout bout de champ, tout bout de champ miné
   et mouillé

   les lundis ne me rapportent pas tant que ça
   – pas tant que ça –
   mais suffisamment quand même pour arriver jusqu’au mardi
   tête haute et
   passablement indemne 

   de quoi donc la vie fut-elle le substitut, le soleil couchant, ou l’éjaculation précoce…?

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