non, je ne veux plus
monter la garde
au bout
du sans-chemin
.
ne te frotte pas les yeux
: nous aurions pu nous
traverser sans même
nous rencontrer
.
veilleur d’août je crois
de rutilants soupirs
je vis juste comme je peux
donc sans limite
.
étrange destin
que de se demander pardon
à chaque pierre
qui tombe
.
j’ai des tas de bois
de jeannes en fleurs de feu
je ne sais plus
qu’en faire
.
les jours de canicules
nous nous rafraîchissions
l’un l’autre avec la bouche
la boue de nous remodelions
.
mon insouciance n’en avait
que l’apparence:
tout au fond les dents
arrachées de ma sagesse
.
le chien arrose
la croix au pied
d’en haut cependant
la vue n’a pas bougé
.
s’en va tout autrement
et meurt tout près de moi
– existe, existe encore
le temps de revenir
.
ravage-moi sage
assaille-moi
du fond s’endort
les yeux m’en tombent
.
quatre sous de lumière
inondent une jachère
– dieu est dieu, et la mort
lui ressemble t-un peu
.
encore tu t’en vas
le oui le non, zéro et l’un
– ni l’un ni l’autre tu t’en vas
fleur au couteau
.
l’un’œil mort
l’autre qui gicle
ancestrale la ronde
boîte un petit peu
.
un bouddha sur la croix
un hibou sur la paille
et le reste du temps
la pâquerette aux dents…

Laisser un commentaire