les restes de la cène

  au réveil la mer était là, montée d’on ne sait où, et pour ne jamais redescendre semble t-il
  au dessert du chou fermenté dans mon assiette. en entrée et en plat de résistance également, du chou fermenté
  on pourra pas dire qu’on n’a pas été heureux…

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  travaille pas trop, et seulement le dimanche, si il fait ni trop chaud ni trop moche 
  et si la vie par exemple ou par hasard ressemblait à quelque chose, ne travaille pas du tout, tout au plus
  les nuages glissent vers l’est, les choses flottent au-dessous – je passe mon temps ailleurs…

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  faire le compte et le recompte des raisons de se tenir debout occupe au moins les doigts, à défaut de l’esprit
  alors je reste assis, là sur un banc de fortune, d’infortune ou de bois,
  pansant les plaies d’un dieu qui n’a pas réussi à ressusciter…

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  c’est presque la pluie, et j’ai l’impression d’avoir toujours vécu comme ça, sous presque une pluie
  à égale distance du caquètement d’une poule chez le voisin et d’un trou au ventre où l’on ne prend même plus la peine d’aller ramasser les poissons
  morts de l’enfance, messe basse et compagnie…

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  la côté est longue, raide la pente, mais pire la descente
  de plus en plus rares les escales où boire un coup, becqueter une frite en matant discrètement la serveuse  en ses lestes allées, et venues
  de sommet y en a pas – que ferait-on d’un sommet, du haut duquel on ne pourrait que contempler toutes les dérogations, consenties plus ou moins librement, au vertige
  – tomber si bas ne nous relèvera pas.

les restes de la cène

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