les restes de l’ennui

  tu sais bien que je n’y crois plus, aux jongleries avec les mots, aux jongleries avec l’esprit, aux jongleries avec l’émotion
  et qu’une décalcomanie de bouddha sur le biceps n’aidera pas un enfant à s’endormir alors que sous le lit veille le loup
  – je ne suis rien. je ne veux être rien. j’aimerais seulement cesser
  d’y penser

  .

  je ne vois pas que faire d’autre que de se parler à soi-même. et pour se parler franchement à soi-même, encore faut-il franchement s’écouter
  puis, s’étant tout dit, imagine ce silence profond entre soi et soi, ce silence en soi, vaste clairière…
  j’ignore pourquoi il faut qu’à cet instant-là il se mette à pleuvoir, me voici tout mouillé
  – peut-être parce que le salut ne suffit pas et qu’il faille la grâce, que le salut sans la grâce ne vaut pas bézef
  et enfin parce que même la mort
  doit être relevée…

  .

  une fois sur le chemin, on reste sur le chemin – axiome de cheminot
  à moins d’un bon coup de vent, d’une forte bourrasque, évidement
  évidement.
  une fois sur le chemin on ne sait plus trop quoi faire – on lance des pierres aux chiens si on voit des chiens rôder
  qui de toute façon te renverrait la pierre, qui te la jetterait? ce chemin est trop loin pour trois
  et l’on n’y croise jamais que ses propres doigts…

les restes de l'ennui

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