tu t’en vas
sur la montée des eaux tu n’as pas grand chose à ajouter
tu penses qu’elles finiront bien par
se retirer
peut-être même que tu n’en penses rien après tout
un bonheur m’a craché au visage, tu te dis
et tu t’en vas
plutôt bien portante quoique tout à fait prédestinée
à crever
.
on se parlera
on se parlera d’accord
on se dira
pas grand chose
on se dira on prendra
l’air de rien on prendra
on se touchera presque pas
on se
touchera pas on se
regardera ailleurs on se
ailleurs
mais jamais là
non, pas là – ailleurs
ailleurs d’accord
.
parfois, parfois tu dors
alors je me promène, de long en large à travers ton sommeil
je fais semblant de me
reconnaître…
parfois, parfois tu veilles
et rien ne vient m’enlever l’écharde
rien ne vient crever dans le creux de mon ventre
– je rentre bredouille
dans l’ailleurs absolu
.
il fait beau
si beau qu’on se croirait un autre jour
parfois je gobe une mouche, parfois
une mouche me gobe…
c’est une promesse mouillée
elle ne peut plus brûler alors on se tait
on ferme les yeux
on regarde à travers les paupières baissées et on suppose qu’il fait beau
si beau qu’on se croirait un autre jour
une autre vie
.
étourdir, battre des cils
tremper ses os dans la chair chaude, le drap
mouillé
– c’est tout ce que j’ai su faire et tant pis si on appelait ça l’amour…
je m’estompe
je sens que je m’estompe

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