ligne de vie

   la crasse sous les ongles. la bulle de malabar à la bouche d’un essentiel en vacances perpétuelles. la vitre fendue d’un sourire également, par la fenêtre ouverte…
  ou le loup qui rumine, à l’orée de brouillards défendus

  .

  à chaque fois que je meurs tu bouges un peu ta chaise. tout ça finira mal je le sens. je sens aussi l’odeur du cumin sur mes doigts

  .

  mieux vaut traverser le fleuve par le bac : les ponts ne sont pas fiables de nos jours
  sur l’autre rive on est mort, certes, mais pas plus au fond que de ce côté-ci

  .

  chéri chéri, la morve au nez on allait aux promenades, remontant la rue des pyrénées. et pas un endroit pour pisser, ni même faire semblant d’être, un jour
  ce qu’on sera devenu
  une fois le temps
  déçu

  .

  je me suis rasé le crâne, ai ramassé mes cheveux déjà gris dans un sac en plastique
  j’ai trouvé cette image-là si sage que je m’y suis baigné
  longtemps, longtemps j’ai flotté, fait la planche
  possédé de silence

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