cette eau qui cesse de couler dès qu’on en approche les lèvres…
j’ai parié tout ce que j’avais et j’ai perdu. heureusement que je jouais contre moi…
je les ai tous abandonnés. pour rien, comme ça… pour la vivifiante déchirure
près d’ici vit un homme qui ne me demande pas mon nom. ce n’est pas par hasard au moins
mon indifférence n’est encore que l’épaisseur de la transparence. rien ne filtre la réelle transparence
qui n’a pas eu faim prendra un bout de pain, le trempera sous l’eau de pluie, et n’en parlera à personne…
j’aurais pu dire je t’aime, à une fille par exemple. mais par tous les saints, par tout le vide qui les peuple, qu’aurait-elle pu répondre?
au bout de trois tours du monde il en a eu un peu marre, alors il s’est assis par terre, a sorti son paquet, déplié son mouchoir et mangé son casse-croûte
les nuits sont tellement jolies. on n’imaginait pas qu’il fut si dur de se métamorphoser en nuit pure
rien de plus simple en vérité: il suffit de lever un doigt mouillé pour savoir d’où souffle le vent…
en sortant il n’y avait plus rien – même plus soi-même à attendre, dirais-je. et malheureusement pas de parapluie…
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