de tes lèvres tombe
un peu de gravier
mais la salive
la vraie salive
tu la gardes
.
entre mes doigts
frémit ton sexe
c’est tout une histoire
à recommencer
une marée à refluer
.
c’est l’éternité
l’éternité là
qui se produit, se reproduit
en l’éternité là
– d’où le vertige…
.
entre lâcher et retenir
la main ouverte
et la main refermée
s’asseoir un peu
et dériver
.
toute ma sagesse
avachie là
à se gratter
à voyager l’beau temps
voyager l’sale temps
.
je suis amour
amour de rien du tout
tout un vent qui s’ébroue
dans la vide certain
– un ciel en immersion
.
je meurs
il ne se passe rien
je meurs quand-même
il ne se passe
toujours rien
.
j’ai juste le temps
de voir venir
le temps
puis faire un pas de côté
pour le laisser passer
.
même un enfant
fait mieux que ça
sans faire l’enfant
même un enfant
s’amuse mieux
.
trouver le jouet
qui coule dans l’eau
s’envole au vent
tombe dans le vide
et reste là, rêveur…
.
ne t’en fais pas
donne-moi ton pouce
à sucer
et ne t’en fais pas :
il ne repoussera pas
.
sur une chaise vide
repose l’immobile
tu lui touches l’épaule
mais déjà tu, il ou elle
chavire(s)…
.
tu pleures
sur mon corps
tout mon corps ruisselant
de tes larmes
– que j’aime ça…
.
tu bouges un peu
pour rien
tu bouges un peu
quand-même
dans le même ciel

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