maintenir la tête hors des eaux troubles de l’affect, histoire de respirer un peu, de voir un bout de ciel tout là-haut, absolument impassible
au fond il y a quelque chose de rassurant dans cette impassibilité qui nous surplombe et qui demeure là, intacte, quand nous, nous passons…
je sais mon chemin. je sais n’en pouvoir dévier quoi qu’il advienne. j’embrasse mon destin. le reste ne me concerne plus vraiment
je pense à tous ceux-là. ceux qui partent et ceux qui restent. les morts et les vivants. l’infini les comprend tous
.
il y a quelque chose de rassurant à n’être pas grand chose – une paille dans l’œil du vide, un cheveu sur la langue de dieu
au commencement n’était pas le verbe
au commencement n’était rien
et ça me va tout aussi bien
.
pas la peine de se cacher, le styx coule dans tes veines – alors tu rames à vide…
l’autre rive n’existe pas, de ce littoral tout intérieur, et tu charries ta propre incrédulité face à tout cela
tu ne vires pas de bord
.
tous seront morts avant même de s’en apercevoir,jouets de leur propre mémoire
au fond de toi dieu sombre d’un semblable désespoir. il n’y a pas de raison à cela et on ne peut pas dire non plus
que cela détende franchement l’atmosphère
.
si léger, léger sur le vide…un orteil de mouillé – pas plus
l’ancre érafle à peine la surface tranquille du nulle part
et ça suffit
ça suffit pour vivre un peu, mettre la main au cul du temps qui passe, et qui parfois se retournant hésite à s’attarder
quelques instants de plus
quelques instants de moins…
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