tu as soif?
tu me demandes si j’ai soif
tu me donnes à boire
la gourde, la bouteille, un verre – peut-être la pluie à même la porte ouverte
tu me donnes à boire mais ce n’est que du sable
tu ne l’avais sans doute pas remarqué
je suppose que tu ne l’avais pas remarqué
ou bien alors avais-tu l’intention de me verser la soif
la brûlure
le vertige
mais c’est fini
.
non. je n’ai pas froid
ça va merci, garde-le
avant j’avais froid. j’avais tout le temps froid. mais plus maintenant
le froid est parti peu à peu
à la place du froid il n’y a rien
c’est peut-être ça la mort au fond: ne plus avoir froid
alors pourquoi se défaire de son pull pour en recouvrir la mort, la mort au fond de moi
non je ne sais pas, je ne sais pas si un baiser, même du bout des lèvres, peut ressusciter un mort
je pense que c’est le genre de choses qu’il vaut mieux
continuer d’ignorer, mon amour…
.
ton ventre doux
parfois tu me laisses le caresser, sauf avec les mains
je ne t’ai pas demandé pourquoi pas avec les mains – j’ai reçu ça comme une évidence
je te caresse le ventre autrement. des fois même c’est toi qui me demandes:
caresse-moi le ventre
c’est à peine une demande – plutôt un ordre déguisé en demande, et une supplique cachée sous un ordre
tu m’attires vers ton nombril
tu veux que ce soit sur l’autel de ton ventre et pas ailleurs que je passe de l’autre côté
comme on déchire un miroir ou comme on froisse tout le temps
que nous passâmes ensemble…
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