par de très incertains chemins, l’unique et la voyance

  l’instant pur
  l’instant pur où on se les gèle, on se les gèle vraiment – il fait si froid dehors, comme disait la chanson
  et je n’avance pas
  même à reculons, je n’avance pas
  je n’avance pas même en dormant c’est l’instant pur
  pur et inattendu
  de la présence hors soi
  cristallisée dans l’espace pur
  de l’instant pur
  il fait si froid dehors, comme disait la chanson
  – dedans va l’habitable

  .

  il y avait cette magie – l’homme s’en va toujours ainsi, mains dans les poches ou l’âme à l’ouest, l’âme s’en va toujours ainsi, mains dans le dos,
  on appelle ça trépas, mais pas seulement –un jour, ça n’avait pas d’importance – il y avait cette magie donc, par laquelle on, tout advient
  étais-je vraiment là quand dieu commit la création, en embrassant d’un regard le terme et le commencement, la durée, le processus?
  existe t-il ce lieu hors lieu où la magie n’opère pas, un visage sur lequel glisse le regard de dieu, et ne le perçoit pas?
  un visage en lequel je ne parviens pas à me reconnaître, une impossibilité d’être telle qu’on ne sut pas naître, qu’on ratait sa naissance,
 qu’on se trompait de col et d’utérus?
  il y avait cette magie
  cette magie pourtant
  cette magie quand même
  quand bien même inopérante
  de s’étonner soi-même
  de n’être pas soi-même
  : le néant advenu – écarquillement d’un non-regard de dieu ou du regard d’un non-dieu…

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *