on ne se contentera de rien, si ce n’est de cet incontentement même, oblique permanence. non par impuissance à épouser la forme pleine de la vie, mais par cette puissance muette sous l’étreinte de laquelle toute forme se révèle vide. on chérira ce vide – ce vide au cœur de notre convulsif émoi, ce vide crispé, là, juste à la place du cœur
.
le jour viendra où je ne dirai plus rien. les mots ne franchiront plus la barre de leur formulation. regarder suffira. ne pas penser suffira. suffira, c’est à dire comblera. d’ici là, entre moi et le reste – ce reste m’incluant tout autant – veillera la sagesse d’une intransigeante négation
.
réfléchir à soi, c’est encore réfléchir l’image de soi, branler le miroir. on est pris de vertige au sentiment d’une irréalité si fluide, s’immisçant jusqu’entre les mains jointes de la prière. la déconstruction de l’idée restant elle-même un idée, j’eus l’idée d’être une mouche agonisant sur la vitre d’hiver, l’orgasme d’un pendu
.
dire le rien est encore trop le rien. ce trop-là est en trop. ne devrait rester que l’être, une fois la mort nous ayant dépouillé de tous les spectres, nous ayant peau après peau démasqué, dé-visagé. loin de nous cependant toute idée d »ascèse: imaginons-nous retirer le sel dans la tasse d’un homme se noyant? ce pourrait être une bête après tout…

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