ça régénère le temps, de décimer la mémoire
par exemple rien sur cette corde ne laissait supposer de nœud, et l’on ne savait pas d’emblée dans quel sens se déploierait la chute
si par ailleurs seule l’intuition devait servir de balancier et de boussole, nous n’y gagnerions pas grand chose
le soir on rentrait exténué, soulagé de pouvoir enfin s’allonger de tout son plat
sur le vide en substance
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je m’en fous de tes histoires – laisse-moi passer
et d’abord rends-moi mon sac : j’en ai marre de voyager le cœur vide et les pieds plats
une pierre à feu ou un allume-cigare feront l’affaire, et si le temps se gâte on se retournera
sur le ventre
peut-être même qu’on pleurera
– qu’est-ce que ça peut foutre après tout, c’est pas la mer à boire, un genou un peu rappé
et puis y aura toujours quelque part où se perdre, une dent qui crisse…
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les trois duvets (peut-être pas de qui, mais de quoi était-elle enceinte…)
les morts côte à côte, les tibias bien parallèles
l’alignement du temps sur nos regards fébriles, nos sourcils suspendus
et puis la mer – la mer tout à coup se vidant en nos globes oculaires, et ahuris…

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