bien plus loin que la chose tu en conçois l’idée, parfaite et superflue, tu passes doucement le doigt
comme pour en ôter la poussière ou en caresser la surface
quelque chose alors se rend compte de toi tu n’es pas tout à fait sûr
qu’il s’agisse de toi, tu verras
et l’amie si doucement m’a, si doucement fermé les yeux
peut-être afin de voir ce qu’il en reste sans la poudre, quelle soif d’ignorance
nous brûle ainsi les tripes, nous retourne le sang c’est le temps des semis, peindre en rose un nuage
ne retient pas la pluie
flagrance, simple flagrance – quelque chose m’oublie, dont je ne me souviens pas
la joue contre la gifle
s’est couchée, elle voyage en suspens, un peu comme voyage tout suspens
au fil d’un non-être béat, en représailles disons
que je te mords la langue
j’installe un trampoline tout au fond de la tombe, j’en écope
la boue des songes, la chiasse ardue, quelques mauvais présages aussi
restés coincés au creux d’une dent, de celles qu’on garde, rancune tenace,
contre l’hideux d’y penser
sans pouvoir y toucher
Laisser un commentaire