quelques notes de pluie sur une flaque de son

  ils ont appuyé leur tête sur l’épaule l’un de l’autre et ont mêlé leurs souffles, un peu comme l »enfant et l’animal avant qu’un esprit malin ne les distingue. le lent ressac de leur respiration a fécondé ce monde dont parfois je ne me sens qu’un postillon, une bavure existentielle. évitons précisément les embruns

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  aucun sentiment n’égale en profondeur et en sophistication celui de mélancolie. je couche donc avec elle et elle se laisse faire. je dérive vois-tu, m’abandonne à la déviance. je sculpte le vide jusqu’à lui donner et lui rendre l’image intacte de lui-même…

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  le message d’amour que j’avais apporté, il me semble l’avoir égaré. j’ai beau fouiller, retourner poches et mémoire, je ne le trouve pas. j’aurais du l’apprendre par chœur, m’apitoyer sur tous ces sans-abris, ces arbres éplorés, boire à l’œil-même ces larmes écornées… je me suis mis en veuve, en veuve par tous les temps

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  les hommes n’ont pas de mère; les hommes n’ont pas de père. et les hommes n’ont pas de fils, pas de fille: ils se regardent mourir – ils se regardent mourir et c’est beau. ils se regardent se regarder, et ne voient rien. pas d’homme en vue…
  les hommes ne sont pas des hommes, ce sont des objets perdus, des enfants abandonnés, des juifs errants, ou encore des amants éconduits…
  les hommes n’ont pas d’homme; les hommes n’ont pas de femme non plus – alors ils en font une avec leur canne, ils l’habillent de quelques poèmes griffonnés à la hâte. or cela ne suffit pas, cela ne suffira jamais à…
  non, jamais.

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